VDM : Ils vont au musée… et découvrent des poulets brûlés vifs « au nom de l’art » : les défenseurs de la cause animale s’indignent

VDM : Celles et ceux qui étaient récemment de passage au musée d’art contemporain de Lyon ont assisté à un bien curieux spectacle. Un artiste a exposé une œuvre qui met en scène des poulets brûlés vifs. De quoi enrager les défenseurs des animaux.

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NewsPar VDM /mardi 13 mars 2018 09:30

Avez-vous déjà assisté à une exposition d’art contemporain? Si oui, avez-vous déjà ressenti un léger flottement? Une certaine incompréhension? C’est sans doute normal. Mais dans le cas présent, le «spectacle» est non seulement énigmatique, mais il a de quoi interroger notre bon sens.

Adel Abdessemed, artiste plasticien contemporain, connu notamment pour être à l’origine de la statue du coup de tête de Zidane à Materazzi en finale de la Coupe du monde en 2006, a inauguré l’exposition Adel Abdessemed, L'antidote au Musée d’art contemporain (MAC) de Lyon le 8 mars dernier. L’une des œuvres vidéo de l’exposition en question, intitulée «Printemps», met en scène des poulets alignés contre un mur, pendus par les pattes, en train de brûler vifs. Une sorte d'allégorie de toutes les violences, notamment celles des animaux, qui soulève de nombreuses interrogations.

Peut-on tout se permettre au nom de l’art?

Pourquoi des poulets brûlés vifs? Pourquoi les représenter vivants? Pourquoi user de cruauté pour dénoncer la cruauté ? Peut-on tout se permettre au nom de l’art? Tantde questions se bousculent. Et forcément, vous l’aurez deviné, les associations de défense des animaux sont montées au créneau suite à une vidéo de l’œuvre postée sur Twitter jeudi dernier.

Attention, âmes sensibles, s’abstenir.

@sanatberbat Adel Abdessemed, Printemps. L’antidote sergisi, Musee d'art contemporain Lyon. pic.twitter.com/HesdXsX1fn

— Emir Külal Haznevi (@KulalHaznevi) 10 mars 2018

Suite aux nombreux commentaires et à l’indignation générale, le musée a été sommé de s’expliquer sur ce choix curieux à travers un communiqué officiel où il prend très clairement la défense de l’artiste : «Cette œuvre vidéo a été réalisée avec une équipe de techniciens créateurs d'effets spéciaux, qui utilisent couramment ce produit pour créer des effets de flammes sans danger. […] les animaux n'ont été soumis à cet effet de flammes que pendant 3 secondes et sous le contrôle strict des techniciens et de l'artiste pour éviter toute souffrance.»

«Ceci n'est pas de l'art. C'est de la cruauté»

Toujours selon le communiqué, les procédés utilisés ont été tournés en boucle pour créer un effet «dramatique» et toutserait bien entendu faux, le but étant de faire réagir celles et ceux qui regardent l’œuvre.

Pourtant, l’association Peta campe sur ses positions: «Ceci n'est pas de l'art. C'est de la cruauté» déclare-t-elle sur Twitter. Au Parisien, l’association s’explique davantage: « Les poulets exploités dans la « performance » d’Adel Abdessemed ont été suspendus à l’envers par des crochets, exhibés à des spectateurs et confrontés à la présence de flammes sur leur corps – une expérience terrifiante et traumatisante pour ces êtres sensibles et intelligents.»

La Fondation Brigitte Bardot a elle aussitenu à réagir à la polémique: «Des poulets brûlés vifs, est-ce de l'art ? Il est urgent d'arrêter d'accepter n'importe quoi et justifier la cruauté au nom de l'art, la tradition, la culture ou la religion... La barbarie doit être abolie sous toutes ses formes !» déclare-t-elle sur Twitter.

Toujours selon le Parisien, le musée ne compte pas retirer l’œuvre pour le moment, qui doit être exposée jusqu’au 8 juillet prochain.